Comment bien se préparer avant une compétition ou un tournoi d’échecs ?

Vous aimez le jeu d’échecs et vous avez décidé de vous y mettre sérieusement. Les tournois internes au club ou sur internet vous plaisent bien, mais vous voudriez connaître votre vrai niveau suivant la cotation internationale ELO FIDE. Pour cela, il n’y a qu’un seul moyen : participer à des tournois ou à des compétitions par équipe homologués par la Fédération Française des Echecs.

Pour réussir sa compétition, il est important de s’y préparer ! Voici donc quelques conseils pour vous aider :

1 – être en bonne condition physique et mentale en arrivant et le rester pendant la compétition :

Ce point est fondamental, il est d’ailleurs valable quel que soit le type de compétition (athlétisme, danse, natation…). Pour donner le meilleur de soi-même, il faut évidemment être au meilleur de sa forme !

  • Bien dormir la semaine précédent la compétition : bien dormir tout le temps est idéal, mais on a parfois plein de choses à faire qui nous en empêche ; en prévision de la compétition, on peut par exemple anticiper ou reporter des efforts importants ou des sorties fatigantes. Par exemple si vous avez un devoir important à rendre dans la semaine précédent la competition, ne vous y prenez pas au dernier moment au risque d’y passer une nuit blanche !
  • Avoir mangé et bu correctement : même s’il faut se lever tôt pour participer à un tournoi sur une journée, un bon petit déjeuner permet d’éviter d’avoir faim dès le lancement des premières parties. A l’inverse, il faut évidemment éviter les repas lourds et arrosés avant les compétitions en après-midi.
  • Prévoir de quoi recharger les batteries : le sport cérébral est très consommateur d’énergie ; à la pause, votre bonbon préféré vous sera bon et utile pour une fois (sans en abuser !). Avoir de l’eau à disposition, permet d’assurer en permanence un bon équilibre à votre organisme pour un fonctionnement optimal.

2 – gérer son stress :

On connait tous le stress avant l’épreuve ou la compétition ; on peut difficilement l’empêcher, mais on peut faire en sorte d’atténuer ses effets négatifs. Il y a des erreurs à ne pas commettre : se médicaliser ou se fatiguer inutilement pour moins ressentir l’effet du stress, se persuader qu’il n’y a pas d’enjeu que « peu importe de réussir ou d’échouer » ne feront que dégrader la concentration nécessaire au succès. Voici donc quelques pistes pour mieux gérer son stress :

  • Planifier une préparation réaliste et la respecter : l’excitation à l’approche d’une épreuve devient de l’inquiétude si on se sent mal préparé. C’est pourquoi, la réalisation d’une bonne préparation permet d’être confiant et tranquille. Toutefois attention à ne pas viser trop haut ! On a tous plein d’activités importantes à faire autre que jouer aux échecs et le temps que l’on peut consacrer à sa préparation doit en tenir compte sous peine de ne pas pouvoir s’y tenir et d’obtenir l’effet inverse de celui recherché. Par exemple, on peut prévoir de réaliser sur 3 semaines la préparation suivante :
    • Mercredi 17h – 18h : résolution de problèmes tactiques d’échecs à la maison
    • Vendredi 20h – 21h : parties amicales sur internet
    • Samedi 16h – 18h : séance d’entraînement au club
  • Venir en groupe : que cela soit avec des accompagnants ou des copains du club, la compagnie est toujours la bienvenue. On peut partager et relativiser ses résultats ; On est encouragé et on encourage les autres !
  • Se concentrer sur la partie en cours : les résultats passés ne préjugent pas des résultats à venir ! Chaque partie est un défi indépendant des précédents. Si on a raté une partie, tout peu changer avec la suivante !

3 – se préparer techniquement et spécifiquement au jeu d’échecs :

C’est le cœur de la préparation ! Les échecs c’est compliqué ! Par quelle bout doit on commencer ? Il y a tant de techniques à acquérir, tant de théorie à savoir… Pas de panique !

  • s’entraîner à la démarche d’analyse et de réflexion : « on perd car on commet des erreurs, on gagne en profitant des erreurs de l’adversaire », « le gagnant est celui qui commet l’avant-dernière erreur ! » , ces maximes montrent bien que la clé de la réussite aux échecs est avant tout une réflexion claire et bien menée. Comment organiser sa réflexion ? Voici les questions à se poser (et à répondre) à chaque coup :
    • Le coup de mon adversaire crée-t-il des menaces directes sur mes pièces ?
    • Le coup de mon adversaire est-il en préparation d’une tactique : fourchette, enfilade, échec à la découverte, clouage… ?
    • Le coup de mon adversaire crée-t-il des faiblesses dans son camp : abandon de protection d’une pièce ou d’une case importante ?
    • Le coup de mon adversaire contrarie-t-il mon plan de développement ou la tactique que j’avais prévue ?
  • réviser les principes des Maîtres : Ce sont des conseils qui doivent vous guider pour établir votre plan de développement dans le déroulement de la partie
    • Principes de développement dans l’ouverture :
      • Occuper le centre avec des pions
      • Développer les pièces légères en les plaçant sur des cases où elles seront plus actives
      • Mettre le Roi en sécurité en roquant
      • Ne pas sortir les pièces lourdes trop tôt car elles deviennent des cibles pour les pièces légères adverses
    • Autres principes :
      • Compléter son développement avant de manœuvrer ses pièces et d’attaquer
      • Rendre ses pièces actives et menaçantes afin de créer des occasions de gains tactiques :
        • il faut placer les Cavaliers sur des avant-postes centraux
        • il faut placer les Fous sur des diagonales ouvertes
        • il faut placer les Tours sur des colonnes ouvertes ou semi-ouvertes
      • Echanger une pièce qui attaque contre une pièce de l’adversaire qui est passive est une erreur : si vous attaquez, il faut éviter les échanges de pièces ; si vous défendez, il faut provoquer les échanges de pièces.
      • Protéger sa structure de pion et chercher à dégrader celle de l’adversaire conduira à une finale gagnante
      • En finale, il faut placer ses pions sur la couleur opposée à son Fou
      • En finale, le Roi doit participer à l’attaque !
      • Défendre demande bien plus de temps de réflexion que d’attaquer : si vous êtes en Zeitnot attaquez !
  • réviser les tactiques en finale : Que l’on soit débutant où expérimenté, il est nécessaire de savoir finir une partie avec efficacité ! Il arrive que sous la pression du temps, on ne soit plus capable de faire des calculs ; dans ces cas là, il faut des réflexes bien acquis sur les méthodes de résolution de finales. Pour les débutants, le minimum est de savoir mater avec Dame + Roi ou Tour + Roi.
  • réviser la théorie sur ses ouvertures favorites : ce dernier point n’est utile que si les points précédents sont des réflexes acquis. Dans le cas contraire, l’étude de la théorie risque de vous prendre beaucoup de temps pour peu de gain au final. pour vous aider :

4 – connaître les règles et les bonnes manières : jouer un tournoi en présentiel a des différences notables avec le jeu sur internet ; il faut bien avoir conscience qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir un échiquier et des pièces en bois plutôt qu’un écran et une souris !

  • être courtois avec votre adversaire : ceci implique de saluer avant la partie, de ne pas lui parler ou le déranger pendant ses réflexions… et de ne pas s’énerver quand on a commis une bourde !
  • jouer à la bonne cadence : Attention, dans un tournoi, contrairement au jeu sur internet, la pendule n’est pas activée automatiquement ! Vous devez penser à activer la pendule après chacun de vos coups et surveiller votre temps et celui de l’adversaire ; par contre vous n’êtes pas obligé de le rappeler à votre adversaire, cela fait partie du jeu ; celui qui oublie sa pendule risque de perdre au temps. Si le temps de votre adversaire est écoulé, c’est à vous de l’annoncer.
  • ne pas abandonner trop vite, mais savoir abandonner quand il le faut : le niveau de désavantage à partir duquel il est opportun d’abandonner dépend de la probabilité de rattraper ce retard dans les temps. En partie longue, à haut niveau, un simple avantage positionnel en final suffit parfois à pousser l’adversaire à abandonner. A l’inverse, contre un débutant ou un adversaire en « zeitnot » (manque de temps à la pendule), la probabilité de récupérer un retard (même un gros !) reste élevée. N’abandonnez pas trop vite !
  • savoir réagir en cas de litige :

Qu’est-ce qu’un litige aux échecs ?

C’est un coup irrégulier joué, un comportement non approprié, une insulte ou pire. Pour les 3 derniers cas, cela est réglé directement par l’arbitre si on lui signale, sans avoir à aménager son approche.

Pour les coups irréguliers : 

Premièrement, il y a un ordre a respecter pour signaler un coup irrégulier :

  1. Après que l’adversaire ait validé son coup en appuyant sur le pendule, si le coup est irrégulier, on met la pendule en pause, en appuyant au milieu (pour les modèles numériques type DTX)  ou en mettant les balances en équilibre (pour les pendules mécaniques);
  2. On appelle l’arbitre en levant la main, pas besoin de le signifier avec la parole, sauf si cela prend beaucoup de temps avant qu’il ne vienne.  (l’arbitre peut être occupé déjà sur un autre échiquier.) ;
  3. La décision donnée par l’arbitre est non discutable. C’est l’arbitre qui dit quand on remet en marche la pendule.

Les coups irréguliers sont multiples :

  • Mauvais déplacement d’une pièce ; (facile à comprendre)
  • Ne pas parer l’échec alors que celui-ci l’est ; (ex : jouer un coup de cavalier sur une case quelconque alors que le roi est en échec par la dame).
  • Promotion non terminé : mise en place du pion sur la dernière ligne pour faire une promotion, dire le nom d’une pièce, et ne pas remplacer le pion part la pièce nommée avant d’appuyer sur la pendule.

Pour se rappeler rapidement les règles du jeu : Apprendre les règles du jeu d’échecs (echecs.asso.fr)

IL FAUT BIEN SE RAPPELER :

  • qu’un coup est achevé quand on a appuyé sur la pendule, donc on ne signale pas le coup irrégulier avant que le joueur n’appuie sur celle-ci.
  • que pièce touchée = pièce à jouer.
  • que pièce lâchée = pièce jouée.
  • qu’aucune personne extérieure, hormis l’arbitre n’a le droit de commenter la partie en cours, ni de signaler un coup irrégulier ou autre.

Pour en savoir plus sur les règlements propres aux compétitions : Saison en cours – Commission Technique Fédérale (ffechecs.fr)

Voici la fin de cet article sur la préparation du jeu en tournoi ou en compétition ; j’espère que vous y avez trouvé des informations utiles et intéressantes. Il ne vous reste plus qu’à vous inscrire au club (si ce n’est déjà fait !) et vous lancer dans l’aventure avec nous !

Francis et Nicolas

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